samedi 16 janvier 2010

La révolte des Bilourettes, suite...

Je le savais bien que je subirais des pressions afin de passer cette histoire sous silence, l'obscurantisme a encore frappé, mais ce ne sont pas les méprisables conseils de Thierry D. (cf les commentaires dans le précédent billet, ici) qui vont m'arrêter sur ma lancée !!

... Le vent de la Révolution et de la liberté avait soufflé sur la France entière depuis 1789 mais semblait avoir ignoré superbement le village d'Arzon en ce printemps de 1793.

Le lavoir du Bilouris résonnait ce matin-là des cris et des lamentations des femmes, occupées à nettoyer vareuses, culottes et chemises de leurs hommes, partis à la première heure pêcher la morgate, au large des eaux de Houat.

Lâchant son linge et le savon, les mains sur les hanches, Marcelle se releva brusquement et se mit à chanter :

- Ah ! ça ira ça ira ça ira,
Réjouissons-nous le bon temps viendra...,

Paroles... paroles... paroles... moi je vous le dis, les filles, ce ne sont que des paroles en l'air qu'ils nous ont lancées tous ces beaux bourgeois de Paris, on en est où aujourd'hui ? Toujours condamnées à obéir aux ordres de nos maris, pas un moment de libre pour que nous allions nous promener sur la lande ou le long de la côte... Vous croyez que c'est une vie, vous ?

- Ah non, s'exclama Josy, relevant une mèche de ses cheveux qui s'était échappée de son chignon, moi j'en ai marre de laver et cuisiner le poisson, marre de laver leur linge, je suis lasse de repasser, lasse de nettoyer la maison...

- Et alors, qu'est-ce que vous proposez, comment voulez-vous qu'en s'en sorte, ce sera toujours ainsi, nos mères ont souffert et nous aussi, nous sommes nées pour souffrir, c'est inscrit dans l'ordre des choses, s'écria Régine...

- Non mais je rêve !.... Une voix puissante venait de s'élever, celle de Marlène, une toute jeune fille... vous n'en avez pas assez de tous ces despotes, le peuple à Paris s'est battu, hé bien nous aussi nous allons nous battre et nous la gagnerons notre liberté, je vous le promets, et par tous les moyens s'il le faut !

Toutes avaient maintenant cessé de battre le linge et s'approchèrent de Marlène, la curiosité l'emportant sur la crainte.

-Puisqu'il y a déjà le Comité de Salut Public à Paris, nous allons commencer par créer le nôtre, le comité de défense de nos droits, continua Marlène et je propose que nous l'appelions le F.L.F.O.B., c'est à dire le Front de Libération des Femmes Opprimées du Bilouris, qui veut adhérer ?

Des cris unanimes s'élevèrent pour acclamer Marlène, les femmes applaudirent à tout rompre : Yvette, Régine, Guylaine, Catherine, Sophie, Annie, Liliane, Chantal, Josy, Marlène..., c'était la liesse générale.

Marlène continua de plus belle, enhardie par l'allégresse de ses amies :

-Nous n'allons pas nous arrêter là, nous allons aussi créer un chant, le chant de ralliement des femmes en colère, vous êtes prêtes ? On y va :

"Les amies, mettez vos habits d'fête,

vos coeurs de paillettes

et vos regards heureux,

ce soir j'vous amène,

on va faire la fête

toutes joyeuses,

la fête charnelle,

avec vous les belles,

nous hissons le drapeau

ce soir c'est la vie de château,

Femmes, femmes, femmes, nous sommes exceptionnelles,

femmes, femmes, femmes, pour nous le soleil,

femmes, femmes, femmes, c'est la révolution,

sus aux hommes nous allons leur mettre le baillon,

femmes, femmes, femmes, nous connaîtrons l'amour,

femmes, femmes, femmes, sous un autre jour,

femmes, femmes, femmes, nous ferons yop la boum,

et youpi youpi youp la boum !



.... La suite au prochain épisode....

5 commentaires:

Matcho 1er a dit…

Là, c'est vraiment plus fort que de jouer au bouchon !!!!j'en reste Baba !! une révolte pour une lessive à la main, il n'y a pas de quoi en faire un fromage. Nous quand on la fait, on ne la ramène pas.Et puis maintenant il y a les machines qui lorsqu'elles ont fini de laver ne font plus de bruit....et TOC.
Ce qui est triste en réalité, c'est la frustration contenue pendant des années en souriant a vos maris en disant; ça va Chéri, tu as passé une bonne journée, tu vas être content, je t'ai lavé ton linge aujourd'hui "y'a quinze jours qu'il attendait" pour venir se défouler sur un site Breton sous un prétexte futile en montant toute la gente féminine contre le seul à remettre les choses en place.
Toi "la chef de bande" tu ne perds rien pour attendre.
Bisous à toutes les femmes soumises, je sais qu'il y en a encore beaucoup.(sauf la mienne)

Marie-France a dit…

Ha ! Matcho 1er, je vous ai reconnu ! ça ne m'étonne pas de vous, et si vous n'étiez pas aussi sûr de vous, vous vous apercevriez que votre chère et tendre n'est pas aussi soumise que vous le pensiez, et C'EST TANT MIEUX !
Je ne vous salue pas cher Matcho 1er mais je vous dis à la prochaine, parce que je vous promets que je vais la ramener encore longtemps, nos revendications ne font que commencer !
Vive le FLFOB !!

Marlene-Charlotte a dit…

Oueh!
Mettons-nous en tenue de combat
http://www.neubauer-illu.de/illu-mix/amazone.htm
pour revendiquer la liberté des femmes. Comme arme nous aurons des tire-bouchons en inox et le fameux bruit "plop" va démoraliser et vaincre les inattentifs ;-)
Le linge?? Je connais quelqu'un qui était sans sa petite biche pendant six mois et au bout de 5 mois [ou il avait lavé seulement les 20% (le pic) du mont-blanc d'1m50 que faisait son linge dans la salle de bain]
qui donc au bout de 5 mois, c'était le mois de juillet, disait au téléphone a sa chérie: "tiens il y a un truc qui sent bizarre dans notre appartement. Je ne trouve pas ce que c'est. Je suppose que c'est peut-etre mon linge et je vais tout laver et voir si ca arrete de puer."
Vive le FLFOB!!

Marie-France a dit…

Bravo Marlène, t'es une vraie chef, tu as tout compris ! Excellente l'image d'amazone, à mon avis, si on revêt ce costume, même les hommes vont nous suivre !! Dis-donc, je vois que même de l'autre côté de la frontière c'est le même combat, ha ces hommes, tous les mêmes, c'est dans leurs gènes !
Allez, ne nous arrêtons pas en si bon chemin, continuons le combat, le FLFOB vaincra...

Le repenti a dit…

Je crains que tout cela ne finisse mal.
Devant le nombre et la fougue des belligérantes, je me rends compte que la révolte, due à un malaise profond, ne pourra s’atténuer ni avec le temps, ni avec des balivernes, et qu’il ne faut pas continuer la polémique, mais bien un changement d’attitude et de mentalité de tous ceux qui se vantent d’en avoir dans le pantalon.
Nous allons désormais nous intéresser à ce qu’il y a sous le bonnet, et là, vous allez avoir de grosses surprises.
Ayant fait mon repenti, je souhaite en retour toute l’indulgence de celles qui jusqu’à présent me prenaient pour un infâme rustre.
Sachez, enfin que je ressens pour toutes les femmes, celles du Bilou en particulier, une profonde admiration et je nourris l’espoir d’avoir encore une petite place dans leurs cœurs.
Allez-y les filles, et que ça déménage un max.
Comité de soutien aux traumatisées du traversin.